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 Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]

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MessageSujet: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Dim 20 Sep - 21:08

Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle.


    Vautrée avec élégance sur le canapé, une jambe sur l'accoudoir et l'autre traînant par terre, Amy dormait. Au diable, les assiettes qui attendaient dans l'évier de la cuisine, au diable les bouts de pain qui traînaient sur la table, souvenirs d'un repas d'Amy en solitaire, elle dormait. Plus bordelique et flemmarde que la chatte, tu meurs. Elle dormait, donc, et même la sonnerie incessante de son portable, posé sur la table basse du salon, ne la tirait pas du sommeil. L'appelant n'aurait qu'à attendre qu'elle se réveille.
    Ce qui arriva quand un grand coup de sonnerie retentit dans l'apportement. Emergeant peu à peu, Amy se leva, tandis qu'à nouveau on sonnait à la porte. Elle finit par se traîner jusqu'à l'entrée, qu'elle ouvrit en gromelant :

    « Ho, la ferme, j'arrive..
    - Bonjour madame, je..
    - Mademoiselle.
    - Ha, excusez moi. Bonjour mademoiselle, donc, je viens pour vous proposer notre nouvelle gamme de ..
    - Et on m'a réveillée pour ça !? Crève, et pas devant mon palier ! »


    Elle claqua la porte au nez de l'homme, retournant en traînant des pieds jusqu'à son canapé et s'y assit. Elle était réveillée, tant pis. Sa main tomba sur son portable, qui émétait des signaux alertants à grands coups de lueur bleutée. "Vous avez raté un appel de : Lyraninanouille." Immédiatement, une pensée, une seule. Merde, pourquoi je lui avais mis un surnom aussi pourri à elle .. ? Elle rectifia cela rapidement, remplaçant par un plus sobre "Lyra". Bon, ça c'était fait. La jeune femme lança un regard circulaire à la pièce, se figea. Lyra rappelerait peut-être, Amy avait .. un lave-vaisselle à remplir. La corvée par excellence aux yeux de qui possède un de ces bijoux. La vaisselle, c'est terrible, et quand on ne fais pas la vaisselle, la tâche ménagère la plus horrible, c'est de remplir le lave-vaisselle. Purée, elle ne mangerait plus jamais seule, elle. Au moins, à deux, elles remplissaient chacune le lave-vaisselle. En soupirant, la jeune femme se releva et se dirigea vers l'évier, remplissant rapidement la machine et nettoyant la table. Puis elle revint à son sofa, sur lequel elle se vautra avec élégance. Un miaulement courroucé, à côté d'elle, la fit tourner la tête.

    « Ha t'es là, le monstre ? »

    Comme si le chat allait lui répondre, vous direz vous. Hé bien si, il réponds. Un beau miaulement provocateur, qui lui valu une gratouille sous le menton. Mon chat adoré gnagnagnagna chéri le plus beau du monde *____*. Mais qu'elle est gateuse avec les bestioles, celle là. Elle faisait un câlin à son félin quand la porte claqua ; Lyra était de retour. Se redressant, Amy lança un coup d'oeil par dessus son épaule, saluant distraitement sa soeur. T'auras pas de gratouille toi x). Puis elle ouvrit la bouche :

    « Tu m'as appelée ? Je dormais, j'ai vu ça en me réveillant. Y'a un con qui est passé pour me vendre ses conneries, je l'ai envoyé merder. Il a osé me réveiller, ce crevard. »

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Dim 20 Sep - 22:03

    Trois heures quarante de l’après-midi. Et je venais juste de finir les cours. Je refermais mon trieur avec rapidité pour le mettre dans mon sac de cours, aux côtés de ma trousse et de l’habituelle bouteille d’eau, puis je sortis de l’amphithéâtre pour quitter l’université. Sortant mon téléphone, je pianotais le numéro de ma jumelle pour lui dire que j’arrivais. Mais rien. J’eus droit aux cinq tonalités puis au répondeur atone, alors je raccrochais, accélérant quand même le pas. Je détestais quand elle ne répondait pas à mes appels, ça pouvait signifier qu’elle avait un gros souci l’empêchant de prendre son téléphone. Ou qu’elle filtrait mes appels, improbable. Ou encore qu’elle dormait. Comme d’habitude. Mais ne pas l’avoir au bout du fil me stressait à mort, puisque nous étions de races différentes et qu’elle avait déjà eu des soucis alors que j’étais en cours d’arts martiaux. Bon, et puis il fallait que j’arrête de culpabiliser tout le temps, elle avait vingt ans maintenant, et elle pouvait largement se débrouiller toute seule, hein. Soupirant, je rangeais mon téléphone portable et attrapais le sac où je rangeais mon ordinateur portable, un mac pro dernière série. Marchant sur le trottoir, je me rendis à l’arrêt de bus pour attendre ce dernier, m’appuyant nonchalamment au panneau en sortant de quoi passer ma faim ... Et mon anxiété. Je regardais tout autour de moi pour m’occuper, et je fus témoin d’une scène étrange. Un chat venait de se manifester sous mes yeux. Désolée, je secouais la tête. Si j’avais été une traqueuse à fond dans mon idéologie, je serais allée le tuer. Eh, pourquoi ne pas lui faire la leçon ? Je me dirigeais vers lui, mettant mon canif dans ma manche. Le suivant dans les rues, je l’attrapais brusquement avant de le coller sans ménagement contre un mur, mettant la lame de mon couteau sur sa gorge. Je le regardais droit dans les yeux, indifférente.

    « Je sais qui tu es. »

    Il blêmit. Cette phrase, je sais qui tu es, était le signe caractéristique des traqueurs ayant trouvé leur proie. Il ne le niait pas. Je lui fis une légère coupure sur la gorge pour le faire paniquer, puis je continuais.

    « La prochaine fois, sois plus discret, crétin. Je ne suis pas ce ceux qui aiment déchiqueter les boules de poils, mais d’autres y prennent un plaisir sadique à la limite de la jouissance. Pour survivre, tais-toi et marche droit. »

    Je le lâchais, faisant demi-tour pour attraper mon bus qui passait. Je m’assis près d’une fenêtre, regardant l’homme-chat partir en courant, une main posée sur son cou, surpris et heureux d’être encore en vie. Je me calais dans le siège, attrapant mes feuilles de cours pour potasser en chemin. Quoique le chemin était assez court, j’arrivais donc rapidement chez moi. Sortant du bus, j’entrai dans l’immeuble et pris l’ascenseur, trop flemmarde pour monter deux étages à pied, cette fois-ci. Arrivant devant la morte, je l’ouvris dans un claquement de clé, puis j’entrais, cherchant la chevelure blonde de ma sœur du regard. Je la trouvais affalée dans le canapé, à faire des papouilles au chaton de la maison, ce qui me soulagea grandement.

    « Oui, je t’ai appelée, en effet. Un type est passé ? Pour des pubs, j’imagine. Tu n’étais peut-être pas obligée de l’envoyer bouler si violemment, le pauvre homme ne fait que son travail tu sais. Au moins, lui, il bosse, au lieu de rester affalé dans son canapé alors qu’une vaisselle l’attend ... »

    Je lui fis un grand sourire ironique, puis je me dirigeais vers ma chambre pour poser toutes mes affaires de cours, et mon ordinateur portable dans le bureau attenant aux deux chambres. Me dirigeant vers la cuisine, j’ouvris le frigo pour prendre deux bouteilles de bière, et je retournais dans le salon, après avoir constaté avec une agréable surprise que la vaisselle était faite. Pour changer un peu. Je m’assis dans un canapé blanc et je tendis une bouteille à ma sœur, la posant devant elle avant d’ouvrir la mienne pour boire au goulot, ce qui brisait le mythe de la jolie blonde fragile des spots de publicité pour parfums dans lesquels je tournais. Je reposais la bouteille sur la table et je relevais les yeux vers ma sœur.

    « D’accord, j’ai été mauvaise langue, la vaisselle est faite. La gamelle du chat est pleine, mais je le soupçonne de savoir ouvrir les boîtes de conserve. Il lui suffit d’observer ses maîtresses pour apprendre, on passe notre temps à bouffer. »

    Je lui souris et je m’installais plus confortablement dans le canapé moelleux.

    « A part dormir et embêter un pauvre type qui faisait son travail, qu’as-tu fais pendant que je trimais à la fac de lettres comme un poisson dans l’eau ? Raconte moi tout, ça devait être très important pour que tu oublies mon appel, oubli qui m’a légèrement inquiété, quand même ... »

    Et d’un mot, je venais de lui rappeler l’histoire de notre découverte, mais également l’histoire de nos parents, et l’histoire de sa presque mort, bref, notre vie à toutes les deux.

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Lun 21 Sep - 13:07

Moi je vais pas à la fac, d'abord.


    Réfléchissons.
    Qu'avait fait Amy de sa splendide journée ? Alors alors. Quand Lyra était partie, Amy avait un peu glandouillé sous la couette, avant qu'un coup de téléphone inquiet de son manager ne la sorte du lit comme une furie. Elle s'était empressée de s'habiller / se coiffer / se laver / tout ce que vous voulez, puis avait rapidement donné la patée au chat, avant de sortir, son sac à main sous le bras, dévalant les escaliers à toute vitesse. Arrivant à son travail, elle avait tournée pendant deux ou trois heures, puis elle était rentrée chez elle, avait fait à bouffer, s'était régalée de son repas surgelé et préemballé. Et après ? Elle se rappelait avoir fait autre chose que dormir. Amy se mit à réfléchir. Qu'est-ce qu'elle avait bien pu foutre .. ?

    « Je suis allée bosser, en retard, comme d'habitude, parce qu'ils avaient un spot où il leur fallait une blonde qui se laisse tripoter par un prétendu play-boy, et naturelement, ils ont pensé à moi, sachant pertinemment que te déranger dans tes cours pour cela était une fort mauvaise idée. Je t'avoue que ce gros porc s'est bien pris deux ou trois baffes. L'idée, c'était une fille qui se rebelle, je crois, donc je devais faire un truc genre il essaie de me prendre dans ses bras je pars, tu vois le genre. Ensuite, je suis rentrée, je me suis régalée avec la boîte de conserve d'origine inconnue qui traînait sur la table, en bouffant je me suis demandé si c'était pas la patée du monstre, mais quand je l'ai approché de lui il s'est barré comme un fou. Après ça, j'ai surfé sur mon Mac et je me suis renseignée sur le permis de conduire. Va falloir que je pense à apprendre à conduire, moi. »

    Elle bailla, avec l'air du félin qui nargue parce qu'il peut dormir alors que les autres triment, puis elle attrapa sa bière, qu'elle décapsula d'un geste habitué. Se levant, la bouteille à la main, elle alla chercher un verre, puis revint vers sa soeur, à côté de laquelle elle se servit avec plus de délicatesse, buvant élégamment dans un verre. Même que ça fait trop classieux une poupée sensée être gracieuse et élégante en train de boire de la bière. Entre deux gorgées, elle reposa son verre sur la table, puis se tourna vers sa soeur.

    « Tu sais, j'ai pas besoin que tu veilles vingt quatre sur vingt quatre sur moi. Tes loupiots me reconnaissent, on se ressemble assez pour qu'ils pigent. Et ceux qui ne pigent pas ou qui sont suicidaires, ils n'ont pas le temps de se transformer qu'ils ont un chat hérissé, toutes griffes dehors, qui leur griffe et leur mords le visage. Et pour ceux qui se transforment.. Je me barre. L'élégance à l'état même, un petit chat à poil long qui décampe à cinquante à l'heure. Je grimpe partout, ils ont pas le temps de me ratrapper. Je ne les sous-estime pas, je vois ça d'un oeil positif. Alors, je te dis, t'inquiète pas de trop pour moi, moi aussi je pourrais flipper pour toi dès que je vois un chat dans la rue près de toi. Je t'avoue que quand j'en vois plusieurs, je prends peur et je me rapproche de toi, c'est limite si je me transforme pas pour leur faire savoir qu'ils te toucheront pas parce qu'un rebus, une souillure, une traînée, les empêchera de venir. »

    Et hop, sourire sympathique, puis elle replongea dans sa bière. Sincèrement, elle n'aimait pas ça, le fait de se sentir protégée, et surtout incapable de se défendre elle même. Certes, c'était la vérité, contre un Traqueur, seule la protection de sa soeur ou sa rapidité étaient craints par les autres, mais elle en avait marre. Marre de fuir, marre d'être une de ces lâches qui se terrent, sans pouvoir se montrer au grand jour.
    Elle détestait vraiment ça.

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Lun 21 Sep - 22:13

    Vautrée dans le canapé, je sirotais tranquillement ma bière, ne me déplaçant même pas pour aller chercher un verre, au contraire de ma sœur. Je lui demandais de me raconter sa journée, et elle obtempéra très gentiment, me la dictant en détail avec des anecdotes croustillantes en prime, pour moi qui ne refusais jamais rien. Alors, quand j’étais partie à dix heures ce matin, que faisait-elle, hein ? Elle s’était réveillée à l’appel stressé – et stressant – de leur manager commun qui la harcelait pour une publicité, publicité dans laquelle je devais au départ jouer. Sauf que ces ânes n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de caler le spot à chacune de mes heures de cours, alors j’avais fini par les envoyer vers ma jumelle, puisque nous partagions notre loyer. Puis elle était rentrée pour manger quelque chose de non-identifié, ce qui me fit légèrement grimacer, moi, adepte de la propreté. Parce que jamais je ne pourrais bouffer un truc en ne sachant pas ce que c’est.

    « Oui, la pub là, dans laquelle je devais tourner. C’était pour les sacs machin je ne sais plus trop quoi, non ? Ils sont moches ces sacs à main, on dirait des trousses de toilette miniatures dans lesquelles tu ne rentre même pas la brosse à dents. Et ils voudraient y mettre un pack à lentilles de contact, un porte-monnaie, un portefeuille, une carte d’identité, un permis de conduire ... La mode devient étrange à mon goût. En parlant de permis, quand vas-tu te décider à passer le tien, Amy ? »

    Quand elle se leva, le petit chaton descendit du canapé pour venir vers moi. Je le pris dans mes bras pour le poser sur mes jambes, où il se pelotonna en ronronnant comme un pacha, avant de me renfoncer dans le fauteuil en buvant à nouveau au goulot. Je n’avais pas la prétention d’essayer de faire classieuse partout, considérant que chez moi, je pouvais au moins me détendre. Elle revint avec son verre au moment exact où je calais la bouteille entre mes jambes sans toucher le chat. Je ne comprenais pas la fainéantise de ma jumelle qui l’empêchait d’aller son permis de conduire, alors que c’était tellement plus pratique par la suite. Je parlais d’expérience puisque j’avais le mien en poche et que j’utilisais très fréquemment la voiture. Sauf pour aller à la faculté, n’exagérons rien, c’était à cinq minutes en bus.

    « D’ailleurs, tourner dans les pubs, ça m’emmerde. J’aimerais bien passer actrice de films, mais bon, ça ne recrute pas comme ça et c’est bien dommage. Je n’aime pas des masses tous les regards admiratifs qui se tournent quand je passe, parce que les gens reconnaissent celle qui a tourné dans telle ou telle pub de parfums ou d’autre avec l’autre blonde très mignonne aussi, dixit le peuple. Et au bar, alors, quand les gens qui commandent captent d’un coup que la jolie petite blonde qui prend leurs commandes, c’est l’actrice de pub ... Pfff. »

    Je me tassais dans mon fauteuil, faisant bouger le chat qui miaula de protestation, et qui hérita une gratouille de pardon sur la tête. J’amorçai un mouvement pour attraper ma bouteille, mouvement interrompu par la réponse de ma sœur. Qui brusquement, passait pour naïve et pétrie de bonnes intentions, telle Alice au Pays des Merveilles peuplé de méchants pédophiles et de chats aux sourires sardoniques qui n’ont tous qu’une intention, la bouffer toute crue. Je soupirai et relevai la main pour la poser sur mon front, luttant contre une solide migraine. D’un geste doux, je délogeai le chat qui alla se coucher le plus dignement possible sur le canapé, pour me diriger vers la cuisine et chercher quelque chose à bouffer.

    « Il me semble que tu ne comprends pas réellement la situation, petit chat. »

    Le surnom affectueux que je donnais à ma sœur témoignait de mon sérieux en ce moment. Fouillant dans le frigo, je pris un tupperware de restes que je mis au micro-onde pour le réchauffer, attendant patiemment que ça chauffe. Je rouvris le frigo pour boire à la bouteille de jus d’orange, mon péché mignon, le seul truc qui me mettait la pêche de bon matin. Sans le verre de jus d’orange, je ne vaux pas mieux qu’une misérable loque. Je fermai le frigo et attrapai des couverts, puis récupérai le repas chaud. Je n’avais pas mangé depuis neuf heures et j’avais sérieusement la dalle, là maintenant. Je me vautrais à nouveau dans le fauteuil précédemment quitté, m’asseyant lourdement, puis j’ouvris la boîte de plastique en soufflant pour faire fuir la buée. Je relevai ensuite le regard vers ma sœur, pour continuer à parler.

    « Je ne crains ni la secte, ni les rebuts, car je suis une louve, et ils sont des chats. Or, jusqu’à nouvel ordre, d’un seul coup de patte un loup peut briser la nuque de plusieurs chats. Ce n’est pas réellement pour ma vie en particulier que je crains, mais pour les nôtres, à toute les deux. Le fait que tu sois ma sœur n’y change rien, tu n’es pour les traqueurs qu’un chat, un sale chat, même pas assez intelligent pour rester dans la sécurité toute relative de la secte. Ils te foutent la paix non pas parce que tu es ma sœur, mais parce que tu es pour eux une humaine, ignorant qu’elle crèche avec le grand manitou d’une bande de tueurs. A partir du moment où ils apprendront que tu es un ennemi, ils te tueront, point barre. »

    J’attrapai une fourchetée de pâtes et je soufflai dessus, avant de l’avaler pour la mastiquer et la manger. Mh, un peu trop chaud, mais pas sans saveur. C’est que je suis une bonne cuisinière, moi x). J’avalai en lâchant un petit souffle chaud pour faire sortir la chaleur du repas.

    « Tu sais, il existe des rivalités chez les traqueurs. Certes, je suis la grande patronne, mais il y a trois autres loups, qui adoreraient prendre le pouvoir pour diriger les traqueurs dans leur propre voie. Ils se battent discrètement entre eux pour s’éliminer, afin qu’il n’en reste plus qu’un, un seul qui pourra prendre mon poste. Je suis pour le moment soutenue par une très forte majorité des traqueurs, puisque je les laisse faire ce que je veux sans tenter de réguler l’anarchie régnante, tout en punissant très sévèrement les couillons se transformant devant tout le monde. Malgré cela, certains traqueurs soutiennent, ouvertement ou non, tel ou tel chef de patrouille, prêt à tout pour s’attirer ses faveurs. Imagine qu’il apprenne que ma sœur est un chat, que je cache un rebus sous mon toit. Il lui suffit d’aller cafarder au chef de patrouille, qui te tue, et qui me fais tomber pour trahison ... »

    Toujours aussi neutre et calme, je posais le récipient en plastique sur la table, attrapant ma bière pour boire au goulot. Oui, franchement trop chaud, il faudrait que ça refroidisse avant que je puisse manger sans me brûler au préalable le palais et la langue.

    « Tu sais pourquoi notre mère est morte ? Notre père l’aimait, mais elle restait un risque trop grand puisqu’elle était un chat. Si un traqueur l’avait vu se transformer, il en aurait rapidement déduit que l’autre fille, toi, se transformait aussi. Pour sauvegarder son poste, il a tué notre mère et a voulu faire pareil pour toi. Tout ça pour ne pas tomber, sans s’imaginer que ce seraient ses filles qui le tueraient. Toutes ces exécutions de chats ne sont que de la politique, ou presque, pour les traqueurs. J’aurais pu réagir comme lui et te tuer directement pour sauvegarder mon pouvoir de meneuse, et avec ma mère, mon père et ma sœur morts, personne n’aurait pu savoir que j’avais des origines souillées par les chats. Or, je ne l’ai pas fait. On avait une promesse, tu te rappelles, je compte la tenir jusqu’à notre mort. J’ai déjà tué un loup et un chat pour protéger ce secret, et tuer plus pour notre survie ne me fais pas froid aux yeux. »

    Je finis par relever le regard pour le planter dans celui de ma sœur, qui me regardait d’un air très ... Euh, neutre, surpris ? Terrorisé ? Un truc comme ça quoi.

    « C’est pour ça qu’il faut vraiment que tu fasses très attention, Amy. Ne te crois pas en sécurité à mes côtés, nous sommes en danger toutes les deux. Arrête de traîner dans les quartiers obscurs où les traqueurs se baladent. Et surtout, ne crois pas que je pourrais protéger ta copine. Je ne peux rien faire pour cette Gabrielle, notre survie prend déjà beaucoup de temps. En fait, elle devient un poids de plus sur notre conscience. Il faut que tu joues le jeu maintenant, car si un traqueur t’évince, nous mourrons toutes les trois. Toi parce qu’il t’aura vu, moi parce que je suis ta sœur, la chef, et que je te couvrais, et Gabrielle, parce que tu l’as couverte et que tu as eu la mauvaise idée de l’envoyer vers moi. »

    Silence.

    « Je sais que tu en as assez de fuir, de te cacher comme une lâche sans pouvoir montrer qui tu es. Mais pour survivre, dis-toi que tu n’as pas le choix. Qu’on a pas le choix. Je détesterais vraiment te perdre, tu sais ? »

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Mar 22 Sep - 12:30

Tu vois jeune louve, je crois que tu viens de vexer un félin.

    Lorsqu'Amy se leva, le chaton décida de quitter le canapé pour chercher de la compagnie chez une âme qui l'accepterait. Lyra, quoi. Une fois revenue, son verre à la main, elle observa la petite boule de poil, tranquillement pelotonnée sur les genoux de sa soeur jusqu'à que celle-ci ne bouge, tirant un miaulement de protestation à la petite chose. Amy se taisait, perdue dans ses pensées. Ses pensées revenaient sans cesse sur cette phrase, ce petit rien qui l'avait exaspéré, voir choqué. "Dans laquelle je devais tourner." Je. Pas on. Alors comme ça, elle n'était qu'une solution de recours, un plan B, pour leur manager .. ? Lyra était donc plus belle, plus charismatique, plus mieux qu'elle !? Cette pensée l'indignait, sans même qu'elle ne sâche pourquoi. Certes, sa soeur était peut-être meilleure qu'elle. Certes. Mais elle, au moins, elle envisageait un avenir dans le monde de la publicité, elle avait compris depuis longtemps qui elle voulait être. Pas une de ces personnes qu'on connaît pour avoir joué dans tel ou tel film, pas une de ces stars harcelées jour et nuit par des paparazzis en quête d'informations croustillantes à dévoiler. Elle eut un sourire amer en imaginant qu'ainsi, on pourrait facilement découvrir son statut félin. Statut que sa soeur protégeait. Elle, Amy Raven, actrice de publicité sans cesse admirée par ses managers avant qu'elle ne découvre qu'elle n'était .. qu'un bouche trou, elle, qu'on félicitait, n'était même pas foutue de se démerder seule. Et sa langue dû percevoir cela, vu qu'elle décida immédiatement d'en informer Lyra.

    Lorsque sa soeur se leva, Amy comprit qu'elle avait dit une connerie, et une belle. Mais étrangement, elle n'appréhendait pas le retour de sa soeur. Elle savait déjà ce que cette dernière dirait. Elle avait déjà une idée de ce que elle, elle dirait. Ho, elle n'était pas heureuse, bien au contraire ; elle avait l'impression qu'une main énorme s'était posée sur son coeur, et s'amuser à l'enserrer dans son étau glacé, faisant accélérer les pulsations de son organe cardiaque. Elle avait une boule dans la gorge, envie de pleurer, pensant déjà à ce qu'elle répondrait à Lyra. Et ce n'était pas quelque chose pour la faire rire. La réponse de la soeur monta de la cuisine. Amy le savait déjà, qu'elle se trompait. Elle l'avait comprit après même avoir parlé. Lyra ne faisait que confirmer cela. Cette dernière revint, un plat de pâtes à la main et commença à manger, tranquillement assise dans le fauteuil qu'elle avait quitté. Elle recommença à parler. La sensation de tristesse, de contrariété qui pesait sur Amy s'accentua. Elle avait l'impression d'être une de ces enfants à qui on a promis quelque chose et qu'on ne le fait pas. Un caprice, quoi. Elle écouta sa soeur, les yeux humides par des larmes qui ne daignaient pas couler. Puis, lorsque celle-ci eut finit, un silence plana entre elles. Des bribes de phrases, des mots, résonnaient dans l'esprit d'Amy. "Je sais". Ce fut cela qui déclencha l'avalanche.

    Cling cling. Le verre tomba à terre, se brisant, lorsqu'Amy se leva. Elle se dirigea vers la cuisine, ne répondant pas à sa soeur. Elle ouvrit un tiroir, y prit un couteau. Joua avec un instant, comme follement fasciné par cette arme. Puis, la jeune femme à la belle crinière d'or daigna revenir voir sa soeur. Elle s'assit sur l'accoudoir de son fauteuil, lui tournant toutefois le dos. Un voile de cheveux blonds passa devant ses yeux, masquant son visage. Elle continua de triturer le couteau, se coupa l'index au passage. Une goutte de sang coula. Amy la regarda, un goût étrange dans la bouche. Puis sa voix, rauque, s'éleva, tandis qu'un rictus se dessinait sur son visage :

    « Arrête Lyra. Tu ne sais rien. Rien du tout. Tu n'as aucune idée de ce que je vis. Comment ai-je pu croire que tu me comprendrais ? Tu es ma soeur, certes, mais tu es une louve. Tu fais partie des forts, non, excuse moi, tu es la meneuse des forts, de ceux qui sont craints. De ceux qui n'ont pas de maître, de peur. Et moi, que suis-je ? Je suis une traînée, une merde. Une erreur de la nature, comme tes chers loups diraient. Ou bien comme la Secte dirait. Je suis un poids pour toi, tu me le fais si bien remarquer. Tu dis que tu me comprends ? Foutaises. Tu n'as aucune idée de ce que je vis. »

    Elle se releva, se tournant vers sa soeur, pour que celle-ci voie son beau visage pâle ravagé par les larmes qui daignaient enfin couler, et qui s'en donnait à coeur joie. Contrairement à toutes ces filles dans les films, elle ne pleurait pas en silence, les larmes coulant sur ses joues. Non, elle avait la bouche déformé par un rictus de douleur, les yeux rouges et bouffis. Elle était secouée de sanglots, et même le chat baissa les oreilles, attristé, quand il vit la jeune femme dans un tel état. Rageuse, elle essuya ses larmes du poignet, bien que ces dernières continuent à couler, et elle reprit :

    « Essaie de t'imaginer que tu es un lapin, une proie. Tu es heureux, jeune, couvé et protégé par ta famille. Puis, d'un coup, tu deviens autre chose. Tu n'es plus un lapin, tu es un chat. On t'apprends que cela, cette capacité à te métamorphoser qui t'excites tant au début signera sûrement ton arrêt de mort. On te dit de ne pas t'en servir, de te cacher, de garder ce secret pour toi. De ne le partager avec personne, même avec celle qui a partagé ta chambre quand tu as été bébé, celle que tu aimes tant, ta soeur. On te dit de te cacher, on t'explique que tu n'as que des ennemis. La Secte, les Traqueurs. Toi, tu n'as rien demandé. Tu n'as commis aucun crime. Mais le monde en a voulu ainsi, tu es la proie et les autres sont les chasseurs. Tu as peur, quand tu sors, dès qu'un inconnu te regarde trop longtemps, dès que tu entends quelqu'un qui marche derrière toi. Tu es en permanence sur tes gardes, et dès que tu as peur, tu fuis. Tu te caches, tu te terres, incapable de te défendre toi-même, ta vie reposant sur celle de ta soeur. La gênant, aussi, sûrement. Tu es quoi, pour elle ? Sa soeur, d'accord. Mais aussi un poids mort, une merde qu'elle protège parce que le destin a voulu que ce soit ça ta vie. Et quelle vie ! Tu ne peux avoir confiance en personne. Derrièer tout le monde se cache un monstre. Derrière ton père. Tu dis qu'il aimait maman ? Si il l'avait vraiment aimé, crois-tu qu'il l'aurait tuée comme si elle n'était rien d'autre qu'une pauvre loque ? Si il l'aimait réellement, crois-tu qu'il aurait divorcé parce qu'elle était un chat ? Non ! Il ne l'aimait pas ! »

    Et voilà. Elle pleurait comme une madeleine. Elle était tombée à genoux et avait pris sa tête entre ses bras, arrachant à sa soeur le spectacle de sa figure ravagée par les larmes et la douleur. Le chaton descendit du canapé, miaulant tristement, pour rejoindre la jeune femme, se pelottona contre elle. Elle l'ignora. Mais le sentait-elle seulement ? Avait-elle conscience de la présence du petit félin ? Elle renifla, puis reprit, la voix cassée d'avoir trop pleuré, la tête toujours cachée dans ses bras :

    « Ce n'est pas que je ne veux plus me cacher. C'est que je n'en peux plus. J'en viens même à avoir honte, honte de mon statut, à détester les chats, la vie. Aider Gabrielle.. C'est une manière de me dire que je ne suis pas une merde. Que moi aussi, je sers à quelque chose. Mais tu vois, là, tu viens de clairement me dire que si nous crevons, elle, toi et moi, ce sera ma faute. Parce que je suis un chat, pas un loup. Tu sais quoi ? Tu me fais penser à notre père. Qui me détestait parce que je n'étais pas comme lui. Tu me fais peur, Lyra. »

    Elle resta un instant comme ça, puis ses bras retombèrent le long de son corps. Et elle céda place à un chat. Poil mi-long, brun et blanc. Elle se redressa. Bondit sur les genoux de sa soeur, faisant tomber l'assiette de pâte. Ses grands yeux ternes, tristes, se plantèrent dans ceux de Lyra. Alors, jeune louve, tu comprends ce que je vis ? semblaient-ils dire.

    [ Mmmh. Merci Champ'Champ', ta technqiue m'a bien aidé, comme tu le vois x). ]

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Ven 25 Sep - 23:52

    Ah, mince. Voilà ma sœur qui me commençait une crise de jalousie sous prétexte que c’était, au départ, ma pub, et non la sienne. Genre de détail qu’évidemment, une âme aussi tordue que la sienne ne pouvait laisser passer. Raison pour laquelle je rattrapai le coup en finesse et subtilité, histoire qu’elle n’aille pas péter un scandale aux producteurs.

    « En tout cas, c’est sympa d’avoir accepté de tourner ma pub en plus de la tienne. Je ne sais pas comment j’aurais fait, surtout que je suis chargée de travail ... Je ne vais pas m’en plaindre, vu la vitesse à laquelle je le finis. »

    Petit silence. Mince, j’avais envie de fumer. Moi qui ne fumais pas, évidemment, j’étais dans une fac où la majorité des étudiants fumaient devant l’entrée, une petite minorité fumait carrément dans l’enceinte, et en bref, quatre-vingt quinze pour cent de ma classe puait la clope à plein bec. Vivre perpétuellement dans des odeurs de tabacs donne forcément l’envie de s’en griller une soi-même, pour autant de mal que ça fasse à notre santé si fragile. Je réfléchissais à comment faire pour ne pas fumer – quand même pas les patchs hein ? – quand ma sœur brisa ma concentration en disant une connerie plus grosse que sa carrière. Pour toute réponse, je me levai pour aller chercher à manger, me créant une apparence neutre alors que j’avais plutôt envie de gueuler devant tant d’insouciance. Ou de fumer. Tout compte fait, j’allais peut-être me mettre à fumer pour calmer mes nerfs fragilisés. Je finis par revenir vers elle, pour lui expliquer mon point de vue tout en faisant mumuse avec mon plat de pâtes, tellement j’avais l’appétit brusquement coupé. Et la réponse ne se fit pas tarder. Elle lâcha son verre à terre – j’aurais pu le rattraper mais autant la laisser passer ses nerfs – et se dirigea vers la cuisine pour revenir avec un couteau. Ok, elle allait me faire la peau là ? Elle s’assit sur l’accoudoir de mon fauteuil, me tournant le dos. Elle finit par me parler, d’une voix hachurée par les larmes, qui devaient certainement ne pas couler. Je décidai de garder le silence, fixant la gamelle en plastique d’un air désintéressé. Elle se tourna vers moi et j’eus le bon sens de ne pas la regarder, pendant qu’elle continuait sa diatribe, qui m’arracha un grognement canin. Je tournais mon regard bleu métallique énervé vers ma sœur, reprenant pile quand elle s’arrêtait.

    « Oui, tu as raison, être un loup c’est vachement rigolo. J’en ai bouffé beaucoup, des leçons du pater, qui m’inculquait que les félins sont, comme tu dis, des proies à abattre. Parce que tu crois que c’est plus drôle d’être la bête noire d’une partie de la population qui aurait tellement aimé vivre en paix ? Je ne nie pas que ta vie est plus difficile que la mienne, pour toi qui n’aime ni te cacher ni dépendre des autres. Mais est-ce que je suis les autres, moi ?! A t’entendre, je rentre dans cette catégorie, les autres, les ennemis, les sales bêtes qui traquent ! D’où crois-tu que tu es un poids mort pour moi ? Une merde ou une source d’ennuis ? Je te protège parce que tu es ma sœur, et qu’on s’est toujours serrées les coudes ! Parce que tu miaules et que j’aboie, on devrait se bouffer la gueule ? C’aurait été ça si j’avais été le chat et toi le loup ? Tu es ma sœur, et rien d’autre. Qui me protégeais des piques des garçons à l’école ? Qui m’a appris à faire le mur ? Qui m’a appris à répondre avec des gestes obscènes ? Ma sœur, ou une inconnue me considérant comme son ennemie ? »

    Elle se détourna et j’en fis autant, attrapant l’assiette de pâtes pour les massacrer sans vergogne, me demandant ce qu’elle attendait pour me dire qu’elle en avait marre de cette vie et qu’elle quittait l’appartement, histoire de nous protéger tout en sachant que ça ne serait à rien. Oh, si, à déclencher une gueulante, parce que je refuserais qu’elle parte comme ça, en pouvant aller jusqu’à gueuler qu’elle se comportait comme une lâche. Je massacrai donc mes pâtes à grands coups de fourchette quand Amy parla à nouveau, me faisant cesser mon activité de massacre. Et la recommencer de plus belle quand elle cessa. Ah, je te fais peur ? Et quand j’ai buté le chat qui s’en prenait à toi, te faisais-je peur, ce jour-là, ce jour où je t’ai sauvé la vie ? Hein, je te faisais peur ou pas ?! Le corps de ma sœur laissa place à un chat, qui sauta sur mes genoux, envoyant valdinguer l’assiette pleine de bouffe en pleine guerre sur le sol. Le petit chat manqua de recevoir un coup de fourchette, que je stoppai illico pour envoyer la fourchette sur la table. Et elle tomba sur le sol avec un cling sonore pour mes oreilles sensibles. J’attrapai ma sœur métamorphosée comme j’aurais attrapé un petit chat, c'est-à-dire sous les pattes et avec beaucoup de délicatesse, pour le mettre à hauteur de mon visage, mes yeux bleus plantés dans les siens.

    « Je te fais peur, hein ? Dis-moi, Amy, le jour où j’ai tué un chat, je t’ai fait peur ? Et le jour où nous avons tué un loup, je t’ai fait peur ? Alors maintenant tu vas arrêter tes conneries, et tu vas m’écouter. Le monde, ce n’est pas le Pays des Merveilles. Ce n’est pas tout noir ou tout blanc. Le monde est gris. Chaque personne, dans ce putain de monde, a sa part de responsabilités. Alors je t’interdis, tu m’entends, je t’interdis de dire que tout est de ta faute sous prétexte que tu fais miaou au lieu de faire ouaf. J’en ai marre de t’entendre toujours te plaindre que c’est de ta faute si on en est là. C’est de la nôtre à toutes les deux. Peut-être que je peux me montrer dure ou irascible certaines fois, mais dis-toi que je fais ça pour nous deux. Tout ça n’est qu’une histoire de hasard. Le destin, c’est de la connerie bonne pour les faibles et les lâches qui chient de prendre leurs vies en main. C’est du hasard si tu es le chat et moi le chien. Ca aurait pu être le contraire. Et alors, on est une famille, oui ou merde ? »

    Je fis un silence, et je reposai le chat sur l’accoudoir. Puis je tournais la tête vers les vestiges de mon repas avant de soupirer.

    « A moi aussi, tu me fais peur, Amy. Tu te laisses porter par le courant sans essayer d’accrocher la branche qui flotte à côté de toi. Tu te laisse mener aux quatre vents au lieu de leur dicter ta volonté. En bref, tu te laisse pétrir par la peur au lieu de saisir ta vie et devenir ce que tu veux être. Que veux-tu être ? Une star de cinéma devenue intouchable ou une bête traquée qui se plaint des conditions de sa misérable existence ? Je ne choisirai pas pour toi, je ne fais que te montrer le chemin. Libre à toi de l’emprunter. Mais si tu veux rester enfermée dans ta peur, libre à toi, je ne pourrais plus rien pour toi. »


    J'eus un autre silence, un peu plus long cette fois-ci. Et je finis par lâcher d'un ton plat ce que j'avais sur le cœur.

    « Ce n'est pas drôle d'être un loup. J'aimais ça, avant, me transformer. C'était exaltant. Moi aussi je vis dans la peur perpétuelle, tu sais. La peur qu'un de ces bâtards avinés tente de me piquer ma place de chef, avec laquelle je m'assure qu'on ne mène pas la vie dure aux chats. La peur que quelqu'un découvre notre lourd secret et ne nous tue pour un peu de pouvoir. Et puis j'en ai marre. Ce que je représente passe son existence à traquer ce que tu représentes. Tu crois que je m'amuse follement, parce que je suis une puissante, une traqueuse, que tous craignent et qui ne craint personne ? Tu te trompes. Mais je vis avec, je n'ai pas le choix. Au moins j'essaie d'arranger les choses comme je le peux, même si je ne peux pas faire grand-chose. »

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    Aussi insaisissable qu’un songe, il est vain d’essayer de retenir qui ne veut s’attacher.
      « Playground school bell rings again
      Rain clouds come to play again
      Has no one told you she's not breathing ?
      Hello i'm your mind giving you someone to talk to
      Hello
      »
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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Dim 27 Sep - 19:13

    « Tu n'as pas le droit.. Pas le droit de faire aussi mal.. »

    « Laisse-moi être comme toi
    Laisse-moi être toi
    Laisse-moi être ton sang
    Laisse-moi un peu de temps
    [...]
    Mais si un jour
    Tu devais t'en aller
    Est-ce que tu pourrais bien m'emporter ?
    Mais si un jour tu pouvais
    Tout quitter
    Est-ce que tu pourrais garder notre secret ? »
    Indochine - Le Grand Secret.

    Levée à hauteur de visage, son ventre vulnérable, perdue, Amy ne savait que répondre. "Ho, oublions ça et sortons, tu as un peu d'argent ?". Mauvaise idée. Elle ne se sentait pas le moral à faire du shopping ce jour là, et noyer sa tristesse dans les fringues ou le maquillage, ce n'était pas l'idéal, elle se savait bien. Quand à sortir sous sa forme féline.. Elle eut un grognement désabusé en avisant, sur son épaule, la marque. Un triangle et un cercle. Elle était une Rebutée, une erreur de la nature. Une nouvelle interdiction.
    Continuer à pleurer en silence, rester dos à sa soeur, son poil de félin doux et lustré. Se retourner et lui sourire, s'excuser. Elle ne savait pas ce qu'elle devait faire. Elle n'avait pas envie de le savoir. Elle avait envie de se traîner jusqu'à sa chambre et de pleurer, pleurer, la tête enfouie dans un coussin. Sa soeur reprit. L'enfonça, inconsciemment, encore plus. Elle lui posa une question."Je te fais peur ?" Le jour où elle avait assassiné un félin, le jour où elles s'étaient occupées de leur père, lui avait-elle fait peur.

    « Oui. Tu m'as fait peur, tous ces jours. »[/font]

    Réponse simple, pensée, mais elle se lisait dans les yeux dorés que la chatte posa dans les bleus de sa soeur. Mais véridique. Lyra lui avait bel et bien fait peur, à cette époque. Elle était un loup, elle était folle de rage. Elle se rapellait ses crocs monstrueux, de sa puissance, et elle tremblait de peur à l'idée que ces crocs puissent la broyer, si elle trahissait sa frangine. Elle avait beau savoir qu'elle ne lui ferait rien, elle était terrifiée. Terrifiée, parce que son instinct lui clamait de s'enfuir. Terrifiée, parce qu'elle comprenait ce que sa mère lui avait dit. Terrifiée, parce qu'elle aimait une louve de tout son coeur, parce qu'elle partageait la vie de son prédateur, et qu'elle savait qu'elle lui attirerait sûrement des problèmes.

    Lyra laissa planer un silence. Elle reposa sa soeur sur l'accoudoir, puis reprit la parole. Que voulait-elle être, réellement ? Elle ne savait pas. Elle voulait faire rêver les gens, mais son statut l'en empêchait. Elle enviait ces chanteurs qui voyait des foules déchaînées devant eux, elle s'imaginait à leur place lorsque, le casque sur les oreilles, elle jouait, elle se sentait si bien quand ses doigts virevoltait sur sa guitare .. Mais elle ne pouvait pas sortir de sa chambre, elle ne pouvait pas montrer aux gens ce qu'elle savait faire. Sa vie semblait régulée par son joli sourire, son visage, sa beauté en général. Pour avoir un groupe de musique, elle aurait tout donné, jusqu'à sa chevelure dont elle était si fière et sa collection de robes de marques que leur manager lui offrait. Mais elle devait se contenter de la caméra, de ses mimiques et de son maquillage. Des musiques des autres en fond sonore. Elle était l'image, pas le son. Une illusion, pas un être à part entière. On aimait sa beauté, pas son caractère, ni sa voix. Ou même sa façon de jouer. Un noeud commença à serrer sa gorge. Lyra avait raison. Elle n'était rien. Rien qu'une image, une photographie que personne ne connaisssait pour autre chose que son physique de rêve. Lentement, elle laissa la place à cette image, son pelage doux remplacé par une peau satinée, ses yeux mordorés devenant bleus.

    Elle allait ouvrir la bouche quand sa soeur reprit. Et ce ne fut pas un sentiment de tristesse qui la prit, lorsqu'elle écouta Lyra parler. Non, ce fut une sensation de révolte qui enserra son coeur. Comprenait-elle vraiment de quoi elle parlait ? Elle lui parler de s'amuser, Amy pensait à vivre. Elle ne vivait plus, elle, poupée aux prunelles saphirs et à la chevelure blonde, elle, féline au poil mi-long. Et que lui disait Lyra ? D'essayer d'arranger les choses ? Elle retint un rire glacial. Que voulait-elle qu'elle fasse ? Qu'elle s'enferme dans sa chambre, derrière une porte blindée, avec une horde de clébard, la bave aux lèvres, qui se jetteraient sur quiconque ferait un pas chez elle et ne s'appelant pas Lyra ? Qu'elle sorte avec une pancarte "Je ne suis pas un chat =D" sur le dos ? Qu'elle ignore les Traqueurs, comme elle essayait de le faire ? Lorsqu'elle sortait dans la rue et qu'elle sentait un regard sur sa nuque, elle ne savait pas que ressentir. De la peur ou de la joie. Celle d'avoir été découverte ou celle de se sentir admirée. Elle ne pouvait rien faire. Elle était coincée dans une impasse. Et elle le dit clairement à Lyra.

    « Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Que je vive, que j'ignore la menace omniprésenet qui pèse sur moi et que je crève par manque de précaution ? Que je renie ma nature féline, ce que je fais déjà assez ? Mon instinct me crie de faire gaffe quand je suis dans la rue, dès que je sens quelqu'un qui me regarde, alors que j'ai envie de me réjouir de me savoir admirée. Quand je passe et qu'un groupe de jeunes me siffle, j'ai peur et je suis heureuse. Peur qu'on ai vu la marque des Rebus et je suis heureuse de me sentir belle. Je ne peux pas arranger les choses. Ou du moins, pas comme je l'aimerait. J'ai aidé Gabrielle, d'abord, par instinct, enfin, c'est ce que j'ai cru. Mais j'ai compris que c'était parce que j'avais besoin de me sentir utile. De savoir que je pouvais, comme toi, sauver des gens, me mettre en danger pour aider d'autres personnes. Je ne dis pas que ce doit être follement génial d'être un loup. Je dis juste que si j'en avais été un aussi, tout aurait été mieux. Tu n'aurais pas eut une soeur rebutée, on n'aurait jamais été séparée, papa n'aurait jamais essayé de me tuer. Tu n'aurais pas eut à me cacher. On serait toutes les deux ensembles, dans la meute. On serait peut-être même toutes deux les Chefs. Mais je suis un chat, une traînée. Le monde est mal fait, n'est-ce pas ? Je suis incapable de me démerder seule, je te fais des crises de jalousie, et tu dois gérer ta peur quand je ne réponds pas au téléphone, ton angoisse quand je suis avec un inconnu. Et je suis lâche, si lâche que je me cache derrière toi, que je suis incapable de voler de mes propres ailes. C'est con, parce que je n'ai pas envie que tu m'expliques. Je souffre, je me plains, mais je n'ai pas envie que tu me dises quoi faire. Je suis déjà assez jalouse comme ça, tu ne crois pas, ma petite soeur adorée ? »

    Elle offrit un sourire glacial à sa soeur. Etait-ce l'effet de l'alcool ? Ou bien elle avait tout simplement pété un plomb ? Elle-même ne le savait pas, elle savait juste qu'elle n'était pas comme d'habitude. Et, hélas, ce n'était pas dans le bon sens.

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Mer 7 Oct - 21:32

    Pas de réponses. Et ce silence qui durait, et qu’aucune de nous ne tentait de briser. A l’heure actuelle, Amy devait avoir envie de se traîner jusqu’à sa chambre pour pleurer toutes les larmes de son corps. Et moi ? Moi, j’avais une bondieuserie d’envie de sortir de cette pièce. Dans les moments où ma sœur et moi nous disputions, j’avais envie de partir avant de faire une connerie. Avec mes onze années d’arts martiaux, et ma force de louve, je pouvais pulvériser une porte d’un coup de poing, chose que je ne faisais jamais. Alors imaginez avec un de mes ‘ennemis naturels’, les chats ... D’un coup de crocs c’était fini. On comprenait pourquoi ils nous craignaient tant, nous autres, Traqueurs à la force irréelle et à la soif brute de sang. Parce que même si je ne pouvais me l’avouer, que je refoulais ça dans mon inconscient, les leçons de mon père avaient eu le temps de faire leur petit bonhomme de chemin dans ma cervelle. Me transformant en autre chose quand je me trouvais en présence de sang. Une chose brute et méchante, avec tuer comme seule ambition. On appelle ça un dédoublement de personnalité, de la schizophrénie pour être plus précis. Je n’en étais pas au point de parler seule, mais je sentais parfois que je n’en étais pas loin. Peut-être qu’un bandeau, comme Agito/Akito de Air Gear, m’aiderait ? Bref.

    Elle ne disait toujours rien mais semblait touchée par ce que je disais. Je savais déjà ce qu’elle allait répondre, et ce que j’allais lui répliquer par la suite. Elle allait tomber dans la tristesse, ou se rebeller. Allait violemment répliquer je ne sais quoi, ce à quoi j’allais répondre que cohabiter avec elle devenait difficile pour nous deux et qu’il valait mieux que je m’en aille. Je n’en avais pas la moindre envie, et elle non plus ne le voulait pas, mais s’il le fallait, je le ferais, et elle le savait. La réaction ne se fit pas attendre puisque Amy répliqua violemment. Je m’y attendais. Mais bizarrement, sa réplique m’apaisa, tout en m’énervant Duo de personnalité qui s’affronte. Je ne dis rien, fixant la télévision éteinte, avant de finalement décider de lâcher moi aussi mes élans de révolte.

    « Oui, avec des si, on mettrait Tokyo dans un sachet de thé vert. Arrête un peu, tu veux ? De plus, tu es le seul rebus avec ce foutu tatouage. J’en ai croisé pas mal des rebus, j’en ai interpellé un en rentrant de cours pour lui apprendre la discrétion, t’es la seule avec ce foutu triangle et ce putain de rond sur la peau. Alors c’est quoi, l’explication, la malédiction des dieux ? A t’entendre tu es maudite ! Tu veux que je te dise ? Non, je vais te montrer ! »

    Je me levai d’un bond, déboutonnant ma veste avec rapidité pour baisser mon tee-shirt, afin que ma sœur puisse voir mon épaule gauche. Sur laquelle étaient tatoués un triangle dans un cercle, et deux points dans le tout. Les deux points pouvaient passer pour des grains de beauté, mais ils étaient en réalité le signe de ma folie. Deux points car deux personnes. Je relevai ma manche d’un geste sec, la fixant toujours, tentant de contenir ma fureur inexplicable.

    « Ce n’est pas un signe de rebus. C’est parce que toi et moi, on est des sangs-mêlés. Un chat et un loup, égale deux monstres. Tu te plains de devoir te cacher tout le temps derrière moi. Je préfèrerais cette situation à la mienne. Chef originelle de meute, je dois me montrer impitoyable et dure alors que je suis bouffée par la folie. Tu l’ignorais, hein ? Je suis barge. Totalement. Depuis quand, je ne sais pas, mais je me transforme en quelque chose d’atroce. T’as raison d’avoir peur, petit chat, car je suis un monstre. L’odeur d’un chat m’excite et la vue du sang me rend dingue à tuer n’importe quelle boule de poils se dressant sur mon chemin. C’est ça que tu jalouses ? Une petite blonde bourrée de culture en tout genre qui se transforme en soldat nazi quand elle hume un chat ou quand elle entraperçoit son sang ?! Mais t’es dingue ! »

    En règle générale, je ne parlais jamais de moi à personne, excepté ma sœur. Sauf que je ne lui parlais pas de ce problème-là, ce dédoublement constant contre lequel je luttais depuis toute petite. Depuis ma première transformation en louve à l’âge de quatre ans en fait. Mais là, il n’était pas franchement dur de voir que j’étais à la limite de la folie. Nous n’étions pas, toutes les deux, à proprement parler des personnes saines. Ma sœur souffrait d’une jalousie compulsive et moi d’un dérèglement de la personnalité. Il est mauvais, le mélange inter-espèces, hein. Je craquai la première, tournant les talons pour aller farfouiller dans la pharmacie et sortir des cachets que je gobai tout en sachant que ça ne changerait rien à mon état des faits. Saloperie va. Je revins vers elle, un peu calmée, m’appuyant contre la table, dédaignant les vestiges de mon ancien repas. Ma voix, quand je repris la parole, montrait bien toute ma lassitude, et ma résignation.

    « On ne peux pas continuer à vivre comme ça. On marche sur le fil d’une épée, et à chaque dérapage, on s’engueule, toujours sur le même sujet. Que faut-il qu’on fasse pour arrêter ça, qu’on l’étiquète tabou ? Ou alors qu’on cesse de vivre sous le même toit ? On n’y arrivera certainement pas, on est collées ensembles depuis notre naissance, comme des siamoises. A l’école, au couvent, et après on a trouvé le moyen de se voir, et maintenant on vit et bosse ensemble. On n’arrivera pas à se séparer. Mais on ne peut pas continuer à s’engueuler pour un truc pareil. T’es un chat, moi un loup, on y peut rien, ce n’est pas en beuglant tous les soirs tout en priant pour que le soir suivant soit différent qu’on va changer les choses. »

    Je me laissai glisser contre le sol, ramenant mes jambes contre moi pour les entourer de mes bras. La fontaine de paroles n’était pas tarie, elle commençait à peine.

    « J’ai remarqué que j’étais schizo à l’âge tendre de quatre ans. Génial non, un petit dédoublement de personnalité en maternelle ? Je passais de la fille timide et soumise à la furie déchainée et rebelle. Notre très cher père, puisse-t-il pourrir la gueule ouverte, s’en est rendu compte et a bien travaillé mon côté obscur, si je puis dire, me transformant en monstre sanguinaire assoiffé de sang. Quand il atteignit mon potentiel, il m’empêcha la transformation. Moi aussi, j’ai vécu ça, l’impression d’avoir une chose merveilleuse et de devoir la cacher. Sauf que c’était plutôt cauchemardesque. Puis il y a eu la séparation. Et le couvent. Je pensais que près de Dieu, ma dualité s’éteindrait. J’y croyais, tu sais. J’étais intimement persuadée qu’en priant à tous les horaires de prières, Dieu m’entendrait et m’aiderait. J’ai été naïve. Les autres enfants n’étaient pas là de gaité de cœur et tabassaient tout ce qui bougeait pour se passer les nerfs, j’ai donc du me défendre. Et laisser ma mauvaise partie prendre le dessus sur moi à chaque fois, pour leur coller des tartes mémorables. Tout en perdant ma chance infime de rédemption. On t’en colle une à droite, tend la gauche, tu parles. Je leur en ai foutu des tartes, foutu et rendu, surtout. Puis on est sorties du couvent. Tu es retournée chez notre mère, et moi chez notre père, où mes leçons ont repris de plus belle. Il a dompté le monstre en moi pour en faire un tueur. Un tueur traquant ses proies avant de les déchiqueter, se repaissant de leurs hurlements de frayeur et de douleur. Un bon petit traqueur. Et maintenant j’en suis là. Un monstre lâché en pleine nature, dont la seule tâche est d’exterminer, et qui pourtant se bat contre ça pour que les chats puissent survivre. On peut dire que si tu n’avais pas été là, il n’y aurait plus un seul chat dans ces quartiers, Amy. »

    Je soupirai doucement, essuyant discrètement une larme qui voulait couler.

    « Tu as tort de regretter ta condition. Etre un loup, ce n’est pas drôle. On aurait été deux à traquer et tuer pour une cause dont on ne sait rien. Toi aussi, tu aurais cette dualité schizophrénique qui me caractérise. C’aurait pu être toi et non lui qui aurait plongé tes crocs dans la gorge de notre mère. Finalement, t’as bien fait de sauver cette morveuse, tu m’as montré que même en te désespérant de ta condition féline, tu avais gardé quelque chose que mon foutu géniteur m’avait arraché en me prenant en main. L’humanité. »

    Un autre silence.

    « T’as raison, je n’ai pas à te faire la morale. Tu vis dans la peur d’être découverte, mais au moins tu vis. Moi, j’en suis réduite à espérer qu’un tocard en robe de bure immaculée daigne se pencher sur mon méprisable cas pour m’ôter ce dédoublement de personnalité dont je ne voulais pas. C’est juste que ça m’a énervé que tu dises qu’en louve, je n’avais pas à avoir peur. Et encore plus que tu me compare à Lui. Etre un loup, tu vois, ce n’est pas si rigolo qu’on pourrait le croire. Le camp des forts, je n’en ai rien à foutre. Je préfèrerais mille fois être un chat rebus normalement constitué plutôt qu’un loup meneur des traqueurs possédant une double personnalité destructrice dont tous les loups rêvent pourtant. Ca m’a volé mon enfance, ça m’a volé ma vie. Je n’ai pas envie que ça me vole le dernier lien familial qu’il me reste, juste parce que nous ne sommes pas nées du même côté de la barque. Tu dis que je te fais du mal, Amy. Mais toi, crois-tu que tu ne m’en fasses pas ? »

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Sam 24 Oct - 17:20

    Au fur et à mesure que Lyra répondait à Amy, cette dernière perdait peu à peu son sourire, ses yeux s'écarquillant d'abord de stupeur, puis de peur sous les révélations que lui faisait la jeune femme. Ainsi, elle souffrait d'une schizophrénie violente.. Instinctivement, la rebutée recula d'un pas. Un seul. Qu'elle se força à refaire, dans le sens inverse, pour montrer à sa soeur qu'elle ne l'abandonnerai pas. Quel retournement de situation.. En quelque phrase, Lyra avait réussi à faire s'évaporer toute la rancoeur et la jalousie d'Amy. C'était si différent que ce qu'elle pensait.. Bien sûr, après tout. Elle n'était qu'une gamine égotiste et puérile. Lorsque sa soeur laissa planer un silence, elle prit un petit moment à prendre conscience de celui-ci. Et là, panique. Lyra espérait-elle qu'Amy prendrait la parole, lui répondrait immédiatement ? Elle ne savait que lui dire ! Elle avala sa salive, gênée. Si elle avait été ous sa forme féline, nul doute qu'elle se serait léché la patte pour s'accorder un peu plus de temps. Mais elle était humaine, et ne savais pas quoi dire à sa soeur. Aussi, lorsque celle-ci continu, elle ôta à Amy un poids sur les épaules. Pour lui en remettre un.

    Elle lui faisait du mal .. ? Elle, le petit chat puéril et capricieux, qui n'était qu'une gamine restée au stade bac à sable ? Elle sentit son coeur se serrer. Comment avait-elle pû être aveugle à ce point ? Bien sûr qu'elle faisait du mal à Lyra, en étant un chat ! Lorsqu'Amy et sa soeur se voyait, cette dernière devait crever d'envie de la bouffer, tout simplement. Monde cruel. Hélas, il était un peu trop tard pour demander au bon dieu de changer tout ça. Se mordant la lèvre, Amy laissa planer un silence. Puis elle vint s'assoir par terre, à côté de sa soeur, tout simplement. Elle la prit dans ses bras, tentant de ne pas pleurer. Puis elle prit la parole, d'une voix un peu cassée.

    « Désolée.. Désolée, Lyra. Je sais ce que tu dois penser de moi, je suis une pauvre gosse égotiste et ridicule. On forme un beau duo, non ? La gamine et la barge, à la vie à la mort. M'enfin, on va pas en crever, hein. Je vais grandir et faire en sorte que tu ailles mieux. Je m'excuse encore, pour tout, tout ce que je t'ai fait. Je ne te ferai plus souffrir, je me démerderai, t'inquiètes. Mais sois sûre d'une chose, Lyra, je ne t'abandonnerai jamais. Quand on est nées, nos parents nous connaissaient pas encore. Nous, on venait de vivre sept mois ensemble. On s'aimait déjà. Nous séparer, ça a été la chose la plus horrible de ma vie. J'éprouvait une envie constante de m'ouvrir les veines ou de me flinguer pour ne plus devoir supporter ça. Alors je veux que tu sache que même si on s'engueule, je ne déménagerai pas sans toi. »

    Elle lui claqua un baiser sur la joue, puis se releva. Amy attrapa sa bouteille de bière sur la table basse et se versa un verre auquel elle se mit à boire. Elle prit celle de sa soeur de son autre main et la lui tendit. Lorsqu'elle eut finie son vers, Amy le garda à la main, observant sa soeur. Puis, d'une voix hésitante, elle murmura :

    « On oublie pas ça, hein. Mais on considère l'engueulade comme close ? »

    A nouveau une preuve de sa futilité. Faire "la paix", ce n'est pas du niveau primaire ? Elle avait vingt ans, bordel ! Jurant intérieurement, elle gardait tout de même bonne figure, ne laissant pas à sa soeur le luxe de voir ce qui se passait en elle. Non, elle avait trop peur de perdre totalement la face si Lyra voyait ça. Elle retint un soupir. Quelle honte, mon dieu..

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Lun 2 Nov - 0:31

« Le poids de mon pouvoir tourmenta ma vie. »

Obeying the crown was a sinister crime
His soul was tortured by love and by pain
He surely would flee but the oath made him stay
He’s torn between his honour and the true love of his life
He prayed for both but was denied

Within Temptation - Hand of Sorrow.

______________________________


    Trop tard. Oui, c’était trop tard. Parce qu’à l’évocation de mon problème personnel, je la vis reculer d’un pas, pour avancer à nouveau, je compris que c’était foutu, maintenant. C’est avant qu’on aurait du se dire tout ça. Mon regard se balada dans la pièce et s’arrêta sur un objet posé sur la table. Paquet de cigarettes. Il venait d’où lui ? Ah ouais, je l’avais acheté pour un ami, je devais lui donner ... Et j’avais une grosse envie de le tomber, ce paquet, donc bon. Je soupirai, appuyant ma tête contre le mur. Amy ne répondait pas. J’avais affreusement mal à la tête. Ah, et aux yeux, aussi. Mais bon, n’importe quelle personne sensée évite de se pointer chez un médecin en disant que, bonjour, je travaille dans la mode, et il se trouve que je suis légèrement schizophrène, vous auriez des cachets pour que ça passe ? Direct à l’asile, gros toutou. Au moment où j’envisageais l’hypothèse de lever les mains pour me les coller sur les yeux, Amy se mit en branle. Elle vint s’asseoir à côté de moi et me prit dans ses bras. Très mauvaise idée, petit chat. Son discours un peu rauque me fit sourire, et finalement elle me colla un bisou sur la joue avant de se relever.

    « Neuf. Pas sept mois, neuf. Le calcul mental, c’est de famille on dirait. »

    Petit rire qui sonna faux, et qui se tut. Détendre l’atmosphère est difficile, n’est-ce pas ? N’y tenant plus, je mis un petit coup de pied sec dans la table, faisant tomber le paquet et le briquet. J’en sortis une, sachant pertinemment qu’Amy n’aurait rien à y redire, puisqu’elle-même devait fumer, d’après ce que j’en pensais. Ah, les banalités de la conversation. On part d’une publicité débile sur des sacs à main ressemblant à des sacs de toilette, et on en arrive à se balancer tous les secrets de famille dans la gueule. J’allumai la cigarette, tirant une taffe en crapotant. On ne va pas chipoter à la première bouffée hein, on soignera le style plus tard. J’attrapai le verre que me tendait ma sœur, et me l’enfilai d’un coup. Wah, mais rien du tout. Tendant la main, j’attrapai la canette posée sur la table pour me l’enfiler d’un coup sec. Endors-toi, mauvaise partie de mon être, dans un coma profond, un genre de coma éthylique qui te calme pendant quelques mois. Voire pendant quelques vies. M’enfin, comme à chaque fois qu’on frôlait la crise de nerfs, je me retrouvais à débiter conneries sur conneries.

    « Déménager ? Mais t’as vu le prix des loyers ? Attends, tu crois que je vais lâcher ce putain d’appartement trop bien situé pour m’installer dans un espèce de hlm glauque rempli de pédophiles et de pervers ? Entre un chat et un homme, je choisis vite mon coloc’, tu crois quoi, toi, que tu vas te débarrasser de ta cabote de frangine comme ça ? »

    Hips. Hoquet, quand tu nous tiens. Hoquet parce que je suis légèrement pompette, quand tu me tiens, plutôt. Luttant contre l’alcool, je reposai mon verre à mes côtés, pour lever les yeux vers ma sœur qui parlait. Elle voulait faire la paix ? Allons bon, on n’utilise plus ces expressions désuètes depuis la cour de l’école ! Enfin bon, là, j’étais légèrement bourrée, d’excellente humeur puisque j’étais bourrée, évidemment, et comble de malchance pour ceux qui pensaient m’avoir, j’avais une excellente mémoire. Bien fait. Je décidai d’entrer dans son petit jeu.

    « Engueulade, quelle engueulade ? Oh, au fait, j’ai quelque chose à toi qu’il faut que je te rende. »

    Farfouillant dans ma poche, je sortis mon trousseau de clé, pour prendre ma vieille clé de cadenas. Cadenas qui avait autrefois trôné fièrement sur mon casier d’école, mais que je n’utilisais plus maintenant. Et la clé ... Bah, j’avais eu la flemme de la sortir. Maintenant, je le pouvais ! J’exhibai fièrement la clé, qui de toute évidence n’était pas à elle, et je lui envoyai d’un mouvement agile.

    « Ceci, boule de poils, est la clé de ton cœur. Je l’ai retrouvé par hasard, figure toi. Alors tu vas être gentille, et voir si c’est la bonne. Ouvre-moi ton cœur, petite sœur. »

    C’est-y pas poétique *_* ?


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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   Lun 2 Nov - 3:28

J'aimerai te parler de mon enfer ..
« Il était une fois un monde où la vie était belle.
C'était ça, le début des contes de fées.
Mais je ne vais pas te raconter un conte, alors je peux débuter autrement..
Il était une fois un monde où un chat traqué et un traqueur de chat à moitiés barges se partageaient un appartement et se serrait dans leurs bras .. »

____________________


  • Lorsque sa soeur répondit, Amy sourit. Ouais, bon. Les deux mois passés à l'état d'embryon à peine procréés - et puis elle n'avait pas suivi ses cours de SVT et n'avait aucune idée de quelle était l'état d'un bébé après deux mois - comptaient .__. ? Hé bien apparemment. Elle vida ce qui restait de sa bouteille de bière dans son verre et avala à son tour la boisson cul-sec. Même que j'm'enfile des verres de bière comme ça moi d'abord. Elle se vautra pathétiquement sur le fauteuil que sa soeur avait quitté, évitant de justesse le cadavre du plat de pâtes qui gisait toujous au sol.
  • « Ouais, bon. Ils comptent pas les deux mois. »

  • Elle observa sa soeur s'allumer une cigarette et en tirer une bouffée en crachotant. Ca se voit que c'est ta première toi. Attrapant à son tour le paquet et le briquet, Amy l'alluma et tira une bouffée - ouais, manque de vocabulaire. Et puis quoi XD ? - avec déjà un peu plus de classe que sa soeur. Tu vois Lyra, ta frangine, elle clope depuis déjà trois mois, elle le faisait juste pas devant toi. L'effet de l'alcool commençait à se faire sentir chez les deux soeurs. La première, Mary-Kate Lyra, partit dans une sorte de dicours sur le prix de l'immobilier et les HLM miteux. D'accord, compris, elle pouvait compter sur son petit cabot pour rester là. Ashley-Amy lança un regard à Mary-Kate-Lyra avant de répondre, ironique :

  • « Dommage, j'aurai essayé de me débarasser de toi .. »

  • Et hop, Lyra eut un hoquet. Elle était déjà bourrée elle ? Heureusement qu'elle tenait mieux l'alcool, hein, il en faut bien une pour ramener l'autre à la maison après la soirée .. Et zou, la machine à parler se tourna vers sa soeur, les yeux écarquillés :

  • « Lyra je viens de piger mon utilité dans la vie, c'est te ramener à l'appart quand t'es totalement bourrée ou te coucher quand tu marches plus droit. »

  • Quelle envolée lyrique ma foi. Sa soeur enchaîna sur la "dispute", rentrant dans le jeu. Histoire d'attiser sa curiosité féline, elle lui parla d'un objet qui lui appartenait soi-disant. Késako ? Tu me piques mes affaires maintenant, toi ? Elle allait demander des explications quand Lyra lui lança d'un geste habile .. une clé. Un peu rouillé, la clé en question, mais Amy n'eut aucun mal à reconnaître la clé d'un cadenas qui appartenait à Lyra. Elle allait l'interroger quand celle-ci reprit la parole, avant même qu'elle n'ai put ouvrir la bouche. Son discours fit s'écarquiller les prunelles bleues de la boule de poils en question. Poétique, la Lyra, ce soir. Un léger sourire se dessina sur le visage surpris d'Amy, puis elle se cala bien dans son fauteuil et exécuta l'ordre de sa soeur. Elle lui ouvrit son coeur, tout bêtement.

  • « Tout d'abord, je veux que tu m'écoutes, que t'essaie de me comprendre. C'est pas facile facile de faire passer un message à quelqu'un qui est en mesure de faire de nous de la patée pour le Monstre. Je t'ai dit tout à l'heure, je me sens mal. Je peux pas sortir dans la rue sans flipper à chaque tournant, sans me demander si cet homme sur le trottoir d'en face, je l'ai pas déjà vu et si c'est pas un peu bizarre que je le croise si souvent, alors que c'est un parfait inconnu. Tu vois, on forme un beau duo, la barrée et la parano. Au taf, ils me prennent pour une remplaçante, mais j'ai signé un contrat d'actrice principale, t'sais. Donc ça me fait bien chier, cette situation à deux balles. Ensuite, j'ai envie de faire plus ample connaissance avec Gabrielle, devenir son amie et plus si affinités, mais elle a pas l'air d'être d'accord. Et pour finir, ma soeur chérie viens de me faire piger qu'elle a envie de me bouffer à chaque fois qu'elle me voit, et j'ai pas peur pour moi, j'ai peur pour elle parce qu'elle a l'air d'être vraiment très mal en ce moment. Voilà, petit topo de ma vie aujourd'hui. C'est con. Maintenant, tu vas me décrocher ces clés et essayer de trouver le cadenas. On aura qu'à regarder nos souvenirs d'enfance, tiens. »

  • Et hop, idée à la con.
  • [ Ca te rapelle rien, petit Champignon ? Qui c'est qui regardait ses premiers RP XD ? Bon, désolée, c'est pas fameux, mais il 02:30 du matin et j'ai envie de dormir là XD. ]

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MessageSujet: Re: Moi je dors, tu t'occupes de la vaisselle. [ Champ'-champ' sempaï ♪ ]   

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