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 Une routine brisée. [ Sixtine ]

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MessageSujet: Une routine brisée. [ Sixtine ]   Mer 23 Sep - 21:36

    Il était tôt. La journée était à peine entamée, le soleil tout juste levé. La lumière était pâle, le ciel encore entre le blanc et le bleu. Les nuages étaient légèrement roses. Il y avait une petite brume, légère comme un voile. C’était beau à voir, comme un tableau. Ou comme une carte postale…
    Dans la rue, il y avait peu de gens. Quelques mendiants et Sans Domicile fixe, de rares passants, aucun animal. C’était désert. Les magasins n’étaient pas ouverts, les vitrines étaient encore cachées par de lourds rideaux de fer. On entendait que les pas précipités sur le bitume et le bruit des voitures sur la chaussée, comme un ronronnement.
    C’était le paysage de tous les matins brumeux d’Automne. C’était la douceur du quotidien, la joie de l’habitude. Rien d’étonnant, pas même un petit quelque chose de nouveau.
    Mais en regardant bien, on pouvait apercevoir une petite fille seule. Elle n’était pas très vieille, quatre ou cinq ans tout au plus. Personne ne faisait attention à elle. Mais pourquoi personne ne se souciait de la présence d’une si jeune personne, seule à cette heure matinale ? Parce qu’elle était là tous les matins ou presque. Les clochards s’étaient habitués à sa présence, les passants de tous les jours ne la regardaient plus. Certains chats venaient même se frotter contre sa jambe en ronronnant.
    Pendant dix minutes, de sept heures vingt à sept heures et demie, Alice restait là, devant la grande horloge du conservatoire, regardant s’évader les minutes, les secondes. Le temps qui passe la fascinait mais elle n’était pas là pour ça.
    A sept heures et demies tapantes, elle traversait la rue. Le gardien l’attendait. Il savait qu’elle venait, seule, toujours à cette heure-ci. Une fois il lui avait demandé pourquoi elle venait si tôt et elle avait répondu dans un demi sourire : « Pour être seule avec le silence. »
    A présent, Albert ne faisait plus que lui dire bonjour.
    Ensuite elle traversait le hall d’entrée et se dirigeait vers la droite, vers une grande porte en bois sculptée. Là aussi on ne s’étonnait plus de la voir.
    La documentaliste était assise derrière sa table, un livre ouvert devant elle, ses lunettes remontées sur son nez, concentrée dans sa lecture. Elle releva à peine la tête en entendant les bruit de pas sur le dallage.
    Alice était entrée dans la routine de tous ces gens.
    A sept heures et demie, la bibliothèque ouvrait. Et ils l’attendaient tous. Il savaient qu’elle serait là, encore et encore jusqu’à avoir épuisé tous les livres. Elle restait une heure, parfois plus jusqu’à ce que quelqu’un arrive. Alors elle s’en allait. Et derrière elle, elle aurait tout rangé, et ce serait comme si elle n’était jamais passée.
    Mais aujourd’hui, quelque chose avait changé. Une chose qui interpella tout de suite la petite fille. A sa table habituelle, la grande table de chêne massif, à la dernière place au bout de la rangée gauche se trouvait une jeune femme. Elle était assise à sa place.
    Alice avança dans la rangée, regarda les étagères, toucha du doigt les reliures de cuir. Son regard s’arrêta sur un livre, simple, marron avec des lettres noires. « Les Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire. »
    Une semaine qu’elle avait perdu le sien. Une semaine qu’elle prenait toujours ce livre là en premier à la bibliothèque, avant les autres et relisait quelques poèmes, assise à sa place. Mais aujourd’hui, la place était prise. Il y avait cette jeune femme, cette inconnue. La fillette lui jetait des regards par dessus son épaule. Puis sans dire un mot, elle vint s’asseoir juste en face d’elle, ouvrit son livre et se mit à lire.
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MessageSujet: Re: Une routine brisée. [ Sixtine ]   Ven 25 Sep - 21:04

Elle y était allée. Elle y avait pourtant beaucoup réfléchis et avait décidé de ne pas y aller, enfin pour dire mot par mot, elle s'était promise d'y réfléchir cette nuit. Alors, ce matin, elle avait enfilé sa veste et ses bottes et dans l'incompréhension de tous, y compris d'elle-même, elle était sortie. Le vent avait soufflé sur son visage, laissant ses cheveux se mêler à la douce fragrance du matin. Elle avait un vieil appartement qu'une vielle femme louait sans trop regarder. Il faut dire qu'elle faisait pas son âge et que de toute manière, elle s'arrangeait pour payer le loyer à temps. Le truc n'était pas super, mais il y avait assez pour vivre disons, correctement. Donc, elle se trouvait là, elle n'avait pas eu le courage d'attendre l'heure exacte, elle avait filé ... Le gardien lui jeta un regard, la bibliothécaire remonta ses lunettes et un silence lourd lui tomba sur les épaules.

« Je peux vous aider ? » Fit la femme depuis le derrière de son bureau. Elle se contenta d'enlever son écharpe et de lui tourner le dos. Elle passa ses fins dois sur les couverture des livres, les déchiffrant du mieux qu'elle pouvait. Elle ne savait pas ce qu'elle cherchait, mais elle savait qu'elle devait venir ... Quelle que chose l'attendait ici. Après des heures de recherche, elle s'était finalement assise avec un livre expliquant d'où venait la peur du loup chez les humains. Ce n'était pas très précis quoique qu'un peut mensonger pourtant quand elle arriva au milieu de son livre, une phrase, un texte la fit trembler. « Il existe dans ce monde, des hommes chats qui se disent vivre en Secte et des Hommes Loups qui eux, se disent être des Traqueurs. » Ce n'était pas bien nouveau, les hommes sont des êtres qui cherchent et qui ne font qu'émettre des hypothèse en fin de recherche. Pourtant, les hommes ne devraient pas savoir tout ceci, ils devraient pas connaître tout ces détails. Elle ferma le livre d'un coup sec et releva sa mèche. Quand elle leva les yeux, une petite fille aux traits doux s'était postée devant elle, sans affirmer d'expression sauf celle du genre, casse toi de là, tu me dérange. La petite fille ne devait pas dépasser les 3 ans, quelque choses comme ça. Celle-ci leva les yeux, innocente, elle venait d'éveiller une histoire terrible ... Sixitine, frappa de la main sur la table, elle avait presque des griffes à la place de ses ongles et ses yeux étaient devenus plus sombres légèrement dorés. Elle se sentait piéger, pourtant, il n'y avait qu'elle, petite innocente et sans défense ...

« Tu veux de l'aide ma petite Alice où ça ira ? » La vois s'adressait à la petite mais on pouvait percevoir l'appui qu'y mettait le gardien pour que Six soit obligé d'ouvrir grand les yeux. C'est bon, elle ne fera rien à la petite ... Tu ne peux pas te permettre une chose pareille ! Cette phrase lui déchira ces neurones jusqu'à ce qu'elle parvienne à s'exprimer.

« C'est bon, laisser nous. Fit-elle entres ses dents. On ne sait comment, mais le monsieur parut comprendre et retourna à son poste. Elle pencha sur table et dans murmure, qui ressemblait plus à grognement qu'à autre chose, elle s'adressa à la petite prénommée Alice.

- Sais-tu au moins qui je suis petite ? Sais- tu de quoi je suis capable ? Si tu le sais, je te laisserais t'en aller, par contre ... Je ne dis pas que je te laisserais la vie sauve ... » Son regard se fit menaçant, le silence revient, elle attendit ...
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MessageSujet: Re: Une routine brisée. [ Sixtine ]   Ven 25 Sep - 23:01

    Alice avait une impression bizarre. Pas de la peur. Mais comme une sorte d’appréhension. Son instinct animal se réveiller. Il y avait un ennemi. Quelqu’un qui ne lui voulait pas du bien. Un traqueur forcément. Et ce ne pouvait être qu’elle. L’inconnue.
    Son doute se révéla rapidement vrai. La jeune femme s’emporta. La fillette ne comprenait pas cette façon de réagir. Sa main frappa la table avec une telle force qu’Albert fit irruption du hall dans la bibliothèque.
    Alice aimait bien Albert. Il était gentil. Taciturne, solitaire mais gentil. Il ne posait pas de questions mais il veillait. On a toujours besoin de quelqu’un comme lui. C’est le genre de personne qui vous sort d’un mauvais pas et qui vous protège sans rien demander en retour.
    Le gardien posa la question suffisamment forte pour que l’inconnue lève la tête vers lui.
    « C’est bon, laissez-nous ». Le ton était froid, direct et cassant.
    Albert s’en alla. Mais elle savait qu’il n’était pas très loin, qu’il gardait un œil sur elle.
    Alice n’avait pas peur. Elle n’avait jamais peur. Elle passa sa main dans ses cheveux. Son ruban rouge était bien en place. Ce ruban c’était son passé. Il la rassurait. Elle savait qu’elle y aurait à nouveau recours, un jour. Mais pas sur une enfant, et pas pour se venger. Non, pour sauver sa peau d’un traqueur ou d’un quelconque ennemi.
    Sa voix était glaciale, son ton sec et impressionnant.
    La fillette la dévisageait. Mais elle ne la craignait pas. Elle n’était pas plus inquiète qu’il y a quelques instants. Son visage n’exprimait rien parce qu’elle ne ressentait rien. Elle était vide comme d’habitude. Derrière son mur de brique, ses pensées étaient protégées.


    « Oui, je sais qui tu es, traqueuse. Mais je n’ai pas peur. Ces querelles ne me regardent pas. Plus personne ne sait pourquoi chats et loups se battent. Je n’ai pas choisi d’être ce que je suis. Je ne veux pas prendre part à cette bataille sans but. »

    Des paroles graves qui n’auraient jamais pu être prononcée par une fillette de quatre ans.
    Mais Alice était ce qu’elle était. Et ces paroles étaient les siennes.
    Son regard ne quittait pas la jeune femme. Elle ne cillait pas. Ses yeux marrons ne brillaient d’aucun éclat, ne faisait part d’aucun sentiment.
    Pourquoi n’était-elle pas effrayée ? Un loup contre un chaton, elle perdrait à coup sûr. La gamine était inéxplicable…
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MessageSujet: Re: Une routine brisée. [ Sixtine ]   Sam 26 Sep - 19:42

« Oui, je sais qui tu es, traqueuse. Mais je n’ai pas peur. Ces querelles ne me regardent pas. Plus personne ne sait pourquoi chats et loups se battent. Je n’ai pas choisi d’être ce que je suis. Je ne veux pas prendre part à cette bataille sans but. »

Tient, en voilà une belle phrase. La petite ne semblait pas effrayée, et c'était tant mieux ! A leur âge, les chatons tremblent devant tout ce qui passe et au bout du compte, on les évite. Quoi de plus normale ? D'un geste lent, elle colla son dos contre le dossier de la chaise et fixa de haut la jeune Alice. D'une certaine manière, Sixtine allait commettre une faute, mais d'une autre manière, si elle devait se rattrapé à n'importe quel moment, la prise en otage ne sera pas très compliquée. Un sourire étira ses lèvres, pauvre ignorante ! Bien que ses paroles soient vraies, la petite ne se rend pas compte du danger qui l'attends. Qu'elle soie heureuse d'être tombée sur elle, c'est une chance d'avoir en face de vous un Traqueur avec un cerveau, oui, oui, je vous l'assure !

« Bien. Fit-elle en premier, elle croisa les jambes et continua. C'est bien de ne pas vouloir te battre ou de ne pas participer à cette fameuse guerre dont tu crois n'avoir aucun rôle. C'est très mature mais aussi très dangereux. Je ne veux pas te protéger, car si je dois te tuer, je le ferais. Mais je suis libre, je fais ce que je veux et je n'ai pas de supérieur, ce qui me rend la tâche plus facile. Je vais te dire une chose, petite, que tu le veuilles ou non, tu es impliquée ... C'est comma ça ! » Elle sentit son échine canine se dresser, une transformation en plein public ? Elle ne pouvait pas trop se le permettre, c'était déjà assez risqué de parler à un membre de la secte ... Elle leva les yeux, aujourd'hui elle n'avait pas cours, et puis de toute manière, qu'elle en rate ou pas, elle était calée. Parfois elle se demande pour quoi sa mère est partie ... Pour quoi son père à quitter sa mère, pour quoi sa mère est devenue dépressive et s'est barrée avec un autre ... Peut-être que si tout avait été différent, elle aussi aurait été différente ? Elle n'aurait sans doute jamais connu la face obscur de son être mais disons que la vie est ainsi, compliquée et horriblement atroce à vivre. Sixtine jeta un regard à Alice qui se tenait toujours bien devant, elle n'avait pas bougé.

« Et puis, qu'est-ce que tu fiches ici toute seule ? » Qu'elle réponde ou non, elle s'en fichait. Qu'on la voit ou pas avec cette petite ignorant, ne lui faisait ni chaud ni froid, elle serait bien obliger de lui ôter la vie un jour ou l'autre. Pauvres, petits ...
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MessageSujet: Re: Une routine brisée. [ Sixtine ]   Ven 16 Oct - 17:20

    Alice réprima un rire. Ses lèvres n’esquissèrent pas le moindre sourire, la gamine se moquait intérieurement. Ce qu’elle voyait devant elle, elle trouvait cela pitoyable.
    La jeune femme essayait de se faire impressionnante, dominante. Et la môme n’y prêtait aucune intention. Cette attitude la faisait juste rire et n’était bonne qu’à cela. La traqueuse était agressive, Alice ne supportait pas cela. La politesse voulait qu’on parle correctement aux gens inconnus. Que ce soit un ennemi ou pas, Alice ne faisait jamais abstraction de ses règles primordiale. La vie en société, elle connaissait ou pas ?
    Elle se contenait, elle avait pourtant tellement envie de lui sortir une réplique cinglante, de sentir un sourire ironique se dessiner aux coins de ses lèvres.
    Mais elle se retenait. On est pas chez les sauvages. Soyons civilisés.


    « Alors vas-y, tue-moi. »

    Son regard était toujours aussi terne, vitreux, ses traits sans sentiments, sa voix sans ton. La vie l’importait autant peu que la mort. Au pire, c’était tellement dommage, elle n’avait que quatre ans et demis. Mais la jeune demoiselle prendrait-elle le risque d’impliquer des humains à leurs querelles ?
    Les conséquences en seraient désastreuses…
    La question qui suivit était tellement stupide que la petite éclata de rire, impossible de se retenir. Son rire était cristallin et mélodieux, comme celui d’un enfant. Normal, elle était une enfant. Son petit sourire ironique ne se fit pas attendre.


    « J’ai un livre devant moi. Je suis dans une bibliothèque. Que veux-tu que je fasse ? »

    Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, un conseil qui n’était pas superflu pour tout le monde visiblement. Si chacun l’appliquait, on pourrait réduire une bonne partie des âneries que les gens disaient.

    « Et si je suis seule c’est que je n’ai personne pour m’accompagner… »
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